Un peu d'histoire...

Un lavoir, équipement demandé par les lavandières. Lavoir de La Courneuve sur le Croult début XXe siècle.

Avant la première opération de trempage, indispensable et préalable est le tri, entre linges fins et grossiers, entre les parties sales et très sales.

Les linges fins, objets d'un contrôle de tâches encore plus minutieux, seront parfois prélavés, lavés et chauffés, relavés à part, selon l'estimation de leur résistance aux agressions du lavage commun.

Les parties salies ou colorées peuvent être traitées par des techniques spécifiques, par des savonnages méticuleux ou l'addition de certaines substances facilement saponifiables, voire de détachant sélectifs.

Frits Thaulow, Laveuses accroupies à Quimperlé

Le trempage à l'eau des grands draps de lin ou des habits résistants est la première étape. Parfois, la lavandière transporte sur un bard ou une brouette le linge, pré-trempé par ses soins vers le lavoir, s'il est équipé d'une chaufferie annexe avec du bois. De même, certains travaux de finissage du lavage pouvaient être effectués à la fontaine dont elle préfère la qualité de l'eau. Enfin, certaines maisons importantes possèdent la jouissance d'une fontaine, voire d'eau courante intérieure au XIXe siècle, et des équipements lourds et en conséquence fixes, par exemple de cuveau à buée dit parfois bugadière, de chaudron chauffe-eau pour accomplir la lessive sans dépendre des lieux publics.

Lavoir improvisé sur la rive de l'Isle à Périgueux

La seconde opération est le chargement du cuvier : les différents linges sont entassés, à commencer par le linge fin, accepté préalablement dans le cuvier commun. La laveuse ou lavandière contrôle à la main la pression de chargement des textiles mouillés. Les derniers linges, placés au sommet, sont des textiles résistants, souvent à base de lin. L'ensemble est recouvert d'une grosse toile, nommée cendrier ou charrier, sur laquelle est étalée une couche de cendres froides.

La troisième opération, dite autrefois précisément buées, consiste à verser de l'eau bouillante sur les cendres. Celles-ci libèrent leurs alcalis, soudes et/ou potasses, solubles dans l'eau chaude qui va descendre et percoler lentement jusqu'au bas du cuvier. Remarquez le gradient thermique le long du cuvier, nullement ignoré par la lavandière, qui contrôle au toucher ou à l'œil, l'avancée de sa lessive, qui doit être suffisamment chaude même au point le plus bas. Il faut attendre que la lessive s'écoule par un trou ménagé à la partie inférieure du cuvier. L'opératrice récupère cette eau de percolation, ou première lessive plus ou moins chaude, la réchauffe sur la chaudière, puis la verse une nouvelle fois. elle attend à nouveau la fin de cette seconde percolation ou lessive.

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